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« Vous vous souviendrez de moi »
Un documentaire sonore en 4 épisodes
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Bernadette vit depuis 1967 dans un appartement, de 30 m², au 8e étage d’un immeuble du 20e arrondissement de Paris. Elle a vécu sa vie durant avec sa compagne, jusqu’à la mort de celle-ci en 2010. Elles ont, la plupart du temps ensemble, travaillé dans les usines de la région parisienne.
Dans ce documentaire, Bernadette fait le récit de sa rencontre avec Yvonne, leur fuite rocambolesque, leur vie parisienne. Elle nous parle également de l’absence : de sa femme, du goût des aliments, de l’envie de vivre, de ses mots qui s’envolent, des sons qu’elle entend moins bien… Elle nous emmène enfin à la rencontre de Mick Micheyl, l’autrice et interprète de la célèbre chanson un « Gamin de Paris » et de tant de titres, souvent aujourd’hui oubliés.
Les mots de Bernadette, son humour, le ton de sa voix nous racontent ce que c’est de vieillir avec tous ses souvenirs enfermés dans un album photo, et l’horizon, si on se penche à la fenêtre et qu’on regarde sur la droite, qu’est le cimetière tout proche, où est enterrée celle qui a été sa compagne de vie.
La gouaille de Bernadette est comme l’écho des chansons et des films d’un Paris ouvrier, des usines et des cabarets, disparu et aujourd’hui romantisé. Monde dont elle fait un récit enjôleur, presque réactionnaire. Le « c’était mieux avant » se confondant avec un « j’étais mieux avant ».
Les histoires de Bernadette sont aussi celles de beaucoup de silencieuses.
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Avec ce documentaire, on aimerait pouvoir dire haut et fort que non, la lesbianité, les vies queer dans leur ensemble, ne sont pas une mode. Que si Netflix popularise les histoires non hétéronormées, que si #queer devient un label et que Redbull sponsorise la Gay Pride (j’ai pas vérifié, mais ce serait tout à fait possible), les histoires de gouines, bien qu’elles ne se nomment pas forcément toutes comme ça, ont bel et bien existé. Partout, tout le temps, dans tous les milieux.
Ici, elle est née sur une chaîne de montage à Saintes dans les années 50.
La parole de Bernadette n’est pas une parole révolutionnaire, certes. Mais cette voix, minoritaire, ce bonhomme de chemin, peu ordinaire et invisibilisé, méritent de figurer quelque part. C’est donc aussi un choix de ne pas vouloir y entendre les paroles autorisées, sociologiques et intellectuelles, qu’on peut entendre ailleurs.
Ici Bernadette, son univers, nous suffisent. Amplement.
On veut, avec ce documentaire, contribuer à nous battre pour que nos histoires, aussi insignifiantes et resplendissantes soient-elles, existent.
….. Crédits :
Voix, paroles et porto : Bernadette
Prise de son, écriture et montage : Lucile Maria Bouillant
Mixage : Clémence Culic
Musique : Doniya (et Mick Micheyl)
Version éditée : iuri Martin Cabétich
Soutien financier : la LIG
Photo visuel : Les toits de Belleville , André Guérin
….. Remerciements :
En premier : merci à Bernadette pour sa confiance.
Puis :
Merci avec force amitié à iuri, pour son soutien infaillible dès le début du commencement de ce documentaire, pour son écoute de mes (très) nombreux doutes, son accueil en résidence d’écriture et tout le reste.
Merci à Béa, ma toute première auditrice de la version presque finale. Ses retours à chaud ont permis tout ça.
Merci à toustes les ami.e.s/famille auditeurices qui m’ont poussée par leurs retours, et leurs encouragements à ce que cette version-là existe : Sabrina, Myriam, Margot, Cha, Gérard, Renée-Noëlle, Jean-Baptiste, Do, Bouchra, Clémence, Clowé.
Merci aux Isa, Claudine et autres camarades croisé.e.s le long du chemin qui ont dit, dès le début, leur envie d’écouter Bernadette et Mick.
Merci à Maria pour tout le soutien apporté depuis tant d’années à Bernadette et pour les luttes qu’elle mène actuellement.
….. Contact :
lucilemaria.bouillant@gmail.com
@lubouillant
- Genre
- Documentaire sonore
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