Valence
"Inaltérable lapin Duracell aux dents acérées, Gontard ! chante, parle, éructe, dénonce depuis des lustres, reste debout dans le froid et l’adversité, par peur du vide, de la déchéance et de la contamination.
Du décalage il a d’ailleurs fait la matière première d’une œuvre bouillonnante, inclassable, bordélique, euphorisante, lucide, anarchiste, sexy, malaisante, amoureuse et sans concession. Sans scrupules aussi, puisqu’il se sert allègrement chez les autres, ces héros, ces modèles, ces guides qu’il sample avec bonheur pour mieux les détourner et recracher sa propre matière sur une pop française qui a oublié de vivre depuis bientôt 40 ans.
Repeupler son dernier album est avant tout un manifeste pour le retour du Rock n’Roll, qui a déserté la vie et la culture dans les foyers au détriment de « la télé pour seule lumière » ( Repeuplons 1 ). On y croise d’ailleurs Vince Taylor et Buddy Holly, fantômes gominés d’une époque révolue, mais surtout une attitude et un style qui font défaut aux pseudos rockeurs de ce pays qui en a toujours cruellement manqué. Gontard! a la bonne idée pour ce nouvel essai de s’entourer d’un vrai groupe de desesperados, pour donner corps à ses nouvelles saillies, sans jamais dénaturer l’âme et l’ADN de sa créature fascinante.
Gontard! s’est donné pour mission de Repeupler, en niquant le système, les conventions, le bon goût, les bien-pensants et même la révolution (Rivoluzionari), dans une immense partouze mondiale dont il serait le MC.
Peut-être le dernier mec 70 de cette drôle d’époque."
Fabrice Bonnet.