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RESH.G : SCHYZOGRAPHIE…
C’était ça le truc qui devrait, un jour tout expliquer… Guillaume s’était souvent demandé ce qu’il pourrait apporter de positif à un monde en pleine déliquescence, dont l’aspect bancale annonçait la fin prochaine de tout de qu’on avait pu connaître.
Que restait-il à inventer qui n’aurait pas déjà servi ?
Pourtant, pas besoin de « Fight club » ou d’un quelconque groupe de réflexion métaphysique pour répondre aux questions qui lui perforaient l’ossature crânienne . Un unique titre lui avait rapporté des éléments de réponse sur une assiette tiède et entre deux écouteurs : « Everybody needs a machine » S’en suivirent des sessions que même l’ORL le plus complaisant aurait condamné . L’usage intensif des samplers et autres boîtes à rythme étant franchement déconseillé par l’ensemble du corps médical.
Pas grave...et puis question médecine, Guillaume s’y connaît. Sa pratique de l’automédication par le son a déjà fait ses preuves , même dans les situations les plus extrêmes. Il prend logiquement possession de plusieurs machines. N’ayant à l’époque que peu de connaissances en électronique, il travaille des nuits entières pour en tirer un résultat substantifique. Si l’apprentissage porte des fruits qui murissent tranquillement à l’ombre des prestations de ses potes dj’s, le chemin n’en reste pas moins sinueux et distordu où l’overdrive semble trop souvent l’unique recours. Guillaume cède quelques temps à la satisfaction immédiate et commence à mixer dans les soirées qu’il organise depuis déjà un bon moment, avec le DZ6Tem.
Très vite, il acquiert une technique instinctive qui crée d’elle-même une sensation de communion avec ces entités qui occupent le dancefloor et il se donne le nom difficilement explicable de Resh.G. Ceux-là-même qui, parfois, semblent ne rien comprendre à la démarche artistique qui guide ses pas ne peuvent pas réagir autrement qu’en vibrant de tout leur être. Les premiers moments, le sentiment d’osmose se mêle à celui de l’échange réciproque avec celles et ceux qu’il a choisis de partager. De l’electro, du break, de la drum n’bass, de la techno mais jamais rien de comparable à ce que le commun aurait pu attendre de manière passive. Lasensation de plénitude est éphémère. Les machines supportent mal d’avoir été remisées dans un placard humide sans électricité où leur unique média d’expression demeure un faire-valoir, une pose lascive au-dessus de deux cartons remplies de babioles inutiles et de câbles hors d’âge. Avec l’agitation d’un épisode de Toy Story, les machines l’appellent de tous leurs vœux, elles ont besoin d’être celles qui réveilleront la fibre créatrice qu’elles avaient ressentie au départ et, un instant cru enterrée.
Espérant canaliser et rationnaliser ses atermoiements sournois, Resh.G fait appel à la raison. Au bout de quelques temps, l’environnement s’éclaircit , et des premiers tracks étonnamment matures et aboutis donnent une dimension factuelle et réelle de son travail. Le résultat ne se fait pas attendre. Après l’envoi de quelques démos, les distributeurs jouent des coudes. Ce qui permet de créer le label DZ6Tem, où Resh.G signera une majorité de titres avant d’être remarqué par les labels allemand Crunkzone et français Chapati Express ou Glumpk pour des pièces sonores aussi improbables qu’immanquables.
La suite ?...
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