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FAUVE ≠ SAINTE ANNE

fauvecorp on December 26, 2011 00:52

FAUVE
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    SAINTE ANNE - la vidéo: www.youtube.com/watch?v=WDGMXjUMSKg

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    Artiste : FAUVE / chanson : SAINTE ANNE

    « Je sais pas même pour où commencer
    En même temps, c’est la première fois que je fais ça
    Donc vous m’excuserez
    Si ça part un petit peu dans tous les sens
    Où si je suis trop confus

    Faut dire qu’en ce moment j’ai bien du mal
    À mettre mes idées au clair
    À trouver mes mots

    Enfin voilà, je vous dresse le tableau :

    Je suis né dans une famille plutôt aisée
    J’ai toujours été privilégié
    J’ai jamais manqué d’amour, ni de rien d’autre d’ailleurs
    Même si ma mère, qui vient quand même d’un milieu assez populaire, était parfois un peu sévère avec mes frères et moi

    À l’école j’étais bon élève
    À la maison j’étais poli
    Je me souviens pas avoir fait trop de conneries étant petit
    Par contre, j’ai fait des études correctes, et aujourd’hui je sais que mon parcours est plus ou moins tracé

    Disons que je sais où j’arriverai si je continue sur ma lancée :
    J’aurai probablement une femme et de beaux enfants, un crédit à payer, un épagneul anglais et un coupé cabriolet

    Et pourtant, vous voyez, ça fait maintenant presque de 6 mois que je dors à peine
    Que je peux ne rien bouffer pendant deux jours, sans même m’en apercevoir
    Et quand je me regarde dans le miroir, je vois un mec bizarre, pâle, translucide, tellement livide...
    À faire sourire un génocide

    Docteur, je rigole pas
    Faut que vous fassiez quelque chose pour moi,
    N’importe quoi...
    Prenez un marteau et pétez-moi les doigts, je sais pas !
    Parce que là, je peux vraiment plus

    Je peux plus sortir dans la rue
    Je peux plus mettre les pieds dans des bureaux
    De toute façon, je suis devenu incapable de prendre le métro
    Ça pue la mort, ça pue la pisse
    Ça me rend claustro et agressif
    Et puis j’ai vraiment l’air d’un gland, dans mon costard trop grand et mal taillé
    Que même si je voulais faire semblant
    Y aurait toujours marqué en gros “troufion“ sur mon front
    Et puis tous ces gens, qui cherchent absolument à s’entasser
    Qui poussent, qui suent, qui sifflent entre leurs dents comme des serpents

    Vas-y ducon, monte, monte, t’as raison
    De toute façon, t’auras beau être le premier arrivé
    À la clé on va tous se taper la même journée scabreuse
    Les yeux collés à l’écran de l’ordinateur
    Tu te détruis les pupilles
    À lire en diagonale Des choses auxquelles t’entraves que dalle

    “- Non, mais tu comprends ? Il est hyper important, ce dossier. Le client, il raque 300 euros de l’heure, alors tu te débrouilles, tu vas chercher sur Google s’il le faut, mais tu me finis ça pronto !
    - Bien sûr, bien sûr, vous avez parfaitement raison. C’est de ma faute oui, je suis pas assez réactif. Ha ha, c’est drôle. Collez-moi des gifles.”

    Connard
    Et si t’allais plutôt te carrer des poignées de porte dans le cul pour voir ?

    J’en ai assez de me taper à déjeuner des salades composées à 12 euros
    Ou de la barbaque en carton bouilli
    De manger sur un coin de table
    Puis de passer des après-midis minables à enculer les mouches
    Et finir par embrayer sur des “afterworks” entre collègues
    Mais quel cafard
    À croire qu’on aime tellement se faire enfler la journée
    Qu’on en redemande le soir

    Mais bon, faut dire aussi qu’on y rencontre des meufs
    Ou plutôt des “célibattantes”
    C’est-à-dire des nanas qui, comme nous
    Ont des problèmes affectifs
    On se présente, on leur raconte des cracks
    On leur dit qu’on est “collabs” alors qu’on est à la fac
    Et qu’en vrai on passe notre temps
    À user nos culs sur des bancs
    Trop étroits, à écouter des types chauves déblatérer
    Toute la journée
    Sur tout et surtout sur n’importe quoi

    Heureusement, nos journées se finissent toujours de la même façon
    On rentre et on se fait beau pour la soirée
    On met nos polos, col relevé
    Puis on se retrouve au “QG”
    Pour picoler des demis à 5 euros

    D’ailleurs, quand on a un peu de plomb dans l’aile
    On a souvent envie de jouer aux rebelles
    Et de crier au taulier :
    “Dis-donc ! Tu te prends pour qui, enfoiré ?
    Tu trouves pas que ta bière
    Elle est un peu chère ?”
    On le ferait, si on avait un peu de cran dans nos artères
    Mais on préfère se taire
    Et continuer à gaspiller notre thune
    À user notre salive pour pas grand-chose
    Et à fumer comme des sapeurs
    Histoire de s’amocher à fond avant d’être vieux
    D’agrandir les valoches qu’on a déjà sous les yeux

    À part ça, on parle surtout des filles qu’on a vues sur le Net
    Et puis de celles qu’on aimerait attraper en soirée
    Car ce soir, comme tous les soirs
    On va essayer de niquer
    Mais surtout pas de faire l’amour
    Parce que l’amour, c’est pour les pédés

    Rien de bien choquant, finalement :
    Des gars qui parlent des filles qu’ils baisent
    Des filles qui baisent pour dire qu’elles baisent
    La baise, on n’en garde souvent que des regrets
    Parfois des maladies
    Au fond on fait ça sans plaisir, sans réelle envie

    C’est surtout pour ne plus penser
    Ça cache des plaies à vif
    Mais ça c’est un secret
    En vérité on est perdus, désabusés, désoeuvrés
    Seuls comme des animaux blessés
    On est tristes et nos coeurs saignent
    Mais on se cache derrière nos grandes gueules et nos mots durs :
    Entre nous, on s’appelle “mec“, “meuf“, “bâtard“, “baltringue“, “bitch“, “gouinasse“, “connard“
    Parce que, sans le vouloir
    Les autres sont un combat permanent

    Décidément, docteur, on vit une chouette époque
    Et dans une chouette ville aussi
    Paris
    Paris, la Nécropole
    Paris, qui sent la carne
    Paris qui, petit-à-petit
    Entraîne dans sa chute des fragments de nos vies

    Paris, c’est tellement sain et nous sommes des gens biens
    Tellement biens qu’on est trop biens
    Pour nos voisins
    Auxquels on prête pas plus d’attention qu’à la pisse derrière
    La cuvette des chiottes

    Parfois, j’ai juste envie de hurler :
    “T’approche pas de moi ! Me touche pas !”

    Docteur, il me faut un truc, n’importe quoi
    Sinon je vais craquer
    Et je risque de cogner une vieille, un passant, un mioche
    Et ce sera moche. »

    Release date: Dec 5, 2011

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