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Poesie - Strawberry Girl

EArl on June 19, 2012 18:55

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    SIG

    Les Trois Piliers

    SDLL

    À la pâle clarté des lampes languissantes,
    Sur de profonds coussins tout imprégnés d’odeur,
    Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
    Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

    Elle cherchait d’un œil troublé par la tempête
    De sa naïveté le ciel déjà lointain,
    Ainsi qu’un voyageur qui retourne la tête
    Vers les horizons bleus dépassés le matin.

    De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
    L’air brisé, la stupeur, la morne volupté,
    Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
    Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

    Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
    Delphine la couvait avec des yeux ardents,
    Comme un animal fort qui surveille une proie,
    Après l’avoir d’abord marquée avec les dents.

    Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
    Superbe, elle humait voluptueusement
    Le vin de son triomphe, et s’allongeait vers elle
    Comme pour recueillir un doux remercîment.

    Elle cherchait dans l’œil de sa pâle victime
    Le cantique muet que chante le plaisir
    Et cette gratitude infinie et sublime
    Qui sort de la paupière ainsi qu’un long soupir :

    — « Hippolyte, cher cœur, que dis-tu de ces choses ?
    Comprends-tu maintenant qu’il ne faut pas offrir
    L’holocauste sacré de tes premières roses
    Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

    Mes baisers sont légers comme ces éphémères
    Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
    Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
    Comme des chariots ou des socs déchirants ;

    Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
    De chevaux et de bœufs aux sabots sans pitié….
    Hippolyte, ô ma sœur ! tourne donc ton visage,
    Toi, mon âme et mon cœur

    Je suis comme je suis
    Je suis faite comme ça
    Quand j’ai envie de rire
    Oui je ris aux éclats
    J’aime celui qui m'aime
    Est-ce ma faute à moi
    Si ce n’est pas le même
    Que j’aime chaque fois
    Je suis comme je suis
    Je suis faite comme ça
    Que voulez-vous de plus
    Que voulez-vous de moi

    Je suis faite pour plaire
    Et n’y puis rien changer
    Mes talons sont trop hauts
    Ma taille trop cambrée
    Mes seins beaucoup trop durs
    Et mes yeux trop cernés
    Et puis après
    Qu’est-ce que ça peut vous faire
    Je suis comme je suis
    Je plais à qui je plais
    Qu’est-ce que ça peut vous faire

    Ce qui m’est arrivé
    Oui j’ai aimé quelqu’un
    Oui quelqu’un m’a aimé
    Comme les enfants qui s’aiment
    Simplement savent aimer
    Aimer aimer...
    Pourquoi me questionner
    Je suis là pour vous plaire
    Et n’y puis rien changer.

    Tourne vers moi tes yeux pleins d’azur et d’étoiles !
    Pour un de ces regards charmants, baume divin,
    Des plaisirs plus obscurs je leverai les voiles,
    Et je t’endormirai dans un rêve sans fin ! »

    Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :
    — « Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
    Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
    Comme après un nocturne et terrible repas.

    Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
    Et de noirs bataillons de fantômes épars,
    Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
    Qu’un horizon sanglant ferme de toutes parts.

    Avons-nous donc commis une action étrange ?
    Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
    Je frissonne de peur quand tu me dis : mon ange !
    Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

    Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée,
    Toi que j’aime à jamais, ma sœur d’élection,
    Quand même tu serais une embûche dressée,
    Et le commencement de ma perdition ! »

    Delphine secouant sa crinière tragique,
    Et comme trépignant sur le trépied de fer,
    L’œil fatal, répondit d’une voix despotique :
    — « Qui donc devant l’amour ose parler d’enfer ?

    Maudit soit à jamais le rêveur inutile,
    Qui voulut le premier dans sa stupidité,
    S’éprenant d’un problême insoluble et stérile,
    Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté !

    Celui qui veut unir dans un accord mystique
    L’ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
    Ne chauffera jamais son corps paralytique
    À ce rouge soleil que l’on nomme l’amour !

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